Les mythes de l’ergonomie Web

Inspirée par la lecture de l’excellent livre d’Amélie Boucher “Ergonomie web“, j’ai décidé de consacrer mes prochains billets au sujet . J’avoue avoir ressenti un plaisir certain à la lecture du chapitre consacré aux « Top 10 des idées reçues sur l’ergonomie Web ». Quelle joie de la voir tordre le cou à ces mythes que tout professionnel du web entend à tout bout de champs !

En voici quelques uns qui me font bondir :

1- Toute information doit être accessible en 3 clics : la scro-sainte règle des 3 clics est décortiquée et critiquée pour notre plus grand plaisir. En effet, alors qu’elle paraît logique de prime abord, cette règle risque paradoxalement de compliquer la navigation du site. En essayant d’économiser absolument un clic, on risque d’augmenter le nombre d’erreurs et le temps de réalisation de la tâche pour l’internaute. Rappelons-nous de cette règle simple : le plus important est que l’internaute sache où cliquer et qu’il ne se trompe pas !

2- Les internautes sont idiots : attention à ne pas stéréotyper l’internaute (c’est moi, c’est mon voisin, c’est ma grand-mère…), toute la démarche ergonomique consistant dans la connaissance des internautes qui vont visiter notre site web. L’internaute lambda n’existe pas !

3- L’ergonomie est l’ennemi juré du design : ces deux disciplines se nourrissent mutuellement et doivent être conduites en étroite collaboration. En effet, les deux répondent à la satisfaction de l’internaute l’une par son utilisabilité et l’autre par son esthétisme. Amélie Boucher précise également que les utilisateurs confrontés à une belle interface auraient tendance à lui attribuer un meilleur niveau d’utilisabilité.

4- Les internautes lisent en F (ça marche aussi avec le Z, le E…) : ce qui conditionne le parcours visuel d’une page web par les internautes n’est pas lié à tes automatismes cérébraux mais plutôt à des habitudes et à l’apparence du site. Un occidental aura tendance à lire de gauche à droite et de haut en bas. Qui plus est, la présence d’animations attire l’œil et peut dévier le sens de lecture.

5- Les internautes ne scrollent pas : grâce à la démocratisation de la roulette, on sait que l’internaute n’hésite plus à actionner l’ascenseur vertical pour lire la suite d’un article ou d’un descriptif produit qui l’intéresse. Le tout est qu’il sache que la page web possède une suite. Alors que sur une page navigante ou transactionnelle, mieux vaut placer les éléments d’action dans la partie visible de la page, il est possible de proposer un texte de plusieurs hauteurs d’écran sur une page de contenu

6- Pour l’ergonomie, on verra à la fin : comme je l’ai expliqué dans mon précédent billet, il est extrêmement difficile de convaincre une maîtrise d’ouvrage d’intégrer l’ergonomie en amont du projet. Cela contraint à commencer par mener une réflexion de fond alors que les projets sont rarement centrés sur les utilisateurs et que les délais sont toujours courts. De mon point de vue, il est possible de convaincre les décideurs en touchant la corde sensible : le retour sur investissement et le budget ;-)

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